PAS DE REVOLUTION  SANS PARTI REVOLUTIONNAIRE !

 

Cette année, nous allons célébrer le  90ème anniversaire de la Révolution  Socialiste d’Octobre, événement véritablement  fondateur de l’Histoire moderne, où,  pour la première fois, les exploités et opprimés  ont renversé victorieusement leurs exploiteurs.  La révolution soviétique est avant tout l’œuvre  du prolétariat russe, de la paysannerie victime  des survivances féodales, du mouvement des  nationalités opprimées dans cette « prison des  peuples » que constituait la Russie tsariste.  Pour vaincre, l’avant-garde du prolétariat a dû  se doter d’un instrument puissant de luttes  révolutionnaires : le parti communiste des  bolcheviks. Un parti de cette nature fait cruellement  défaut en France. Fonder un tel parti  est un chemin relativement inexploré puisque  le PCF est né principalement grâce à la IIIème  Internationale Communiste. Du travail de  construction du parti bolchevik, nous pouvons  tirer certaines leçons universelles. 

Les étapes de la création du parti. 

La question de créer un parti marxiste de la  classe ouvrière s’est posée en Russie avec le  développement du capitalisme et l’aggravation  de l’exploitation dans les rapports de production.  Les révolutionnaires étaient alors majoritairement  regroupés sous la bannière du populisme,  avec sa tactique erronée du terrorisme  individuel, sur fonds d’apologie de la communauté  rurale russe et de la peur du développement  industriel. Lénine et Plekhanov, parmi  les premiers marxistes, combattirent résolument  ce courant, qui tout en s’affirmant pour  la révolution, regardait du côté des forces sociales  condamnées par l’évolution économique.  Lénine affronta aussi le courant qualifié  de « marxisme légal ». Les porteurs de telles  vues reprenaient certains concepts du marxisme,  mais dissociés de la lutte de classe. Les  marxistes légaux misaient sur la bourgeoisie  comme dirigeante de la révolution démocratique  anti-tsariste et sur la subordination de la  classe ouvrière aux intérêts et vues du capital  naissant. Lénine montra que la première  condition de la création du parti consiste à  infliger une défaite aux courants qui nient la  nécessité du parti ou qui y font obstacle en  s’opposant dans les faits à une politique indépendante  du prolétariat. Dans la  France contemporaine, cela passe par la lutte  idéologique contre l’avatar mutant du révisionnisme  du PCF, qui inscrit son action dans  le cadre de l’aménagement du capitalisme.  Cela passe aussi par la réappropriation par le  mouvement ouvrier de l’héritage de l’Internationale  et des classiques sur la théorie matérialiste  de l’État. Cela passe enfin par l’affirmation  du socialisme comme seule alternative. 

L’organisation pré-parti et la lutte dans  la classe ouvrière.

Lénine et Plekhanov fondèrent « l’Union de  lutte pour la libération de la classe ouvrière »  qui fut la réunion des premiers cercles marxistes.  Au début, « processus de développement  utérin » (Lénine), l’Union de lutte agissait sur  le seul terrain de la propagande. Très vite,  Lénine fixa à son organisation l’objectif de se  lier au mouvement de masse afin, à terme,  d’en prendre la direction. De la propagande du  marxisme auprès d’un petit nombre d’ouvriers  avancés, Lénine proposa de passer à l’agitation  politique dans les grandes masses de la  classe ouvrière, autour de ses revendications  économiques : durée du temps de travail, salaires,  conditions de vie et de labeur mais en  liant ces dernières à la lutte politique pour le  renversement du tsarisme. Sous la direction de  Lénine, l’Union de lutte fut la première organisation  à opérer la « fusion du mouvement  ouvrier et du socialisme scientifique », condition  décisive de création du parti marxiste  révolutionnaire. En France, l’URCF est née de  la nécessité du passage du stade de propagande  (étape de la Coordination communiste)  à l’agitation dans les larges masses ouvrières.  D’autres groupes communistes sont confrontés  à la même tâche ; d’autres plus petits en restent  à l’étape de propagande. Le renforcement  de l’URCF dans la classe ouvrière atteste du  début de processus de fusion avec le prolétariat  (cf. notre Conférence nationale des sections  d’entreprise). C’est là une contribution  importante de notre organisation au combat  commun des forces ML pour la fondation du  parti. 

La nécessité d’un organe de  presse « l’Iskra » pour  fédérer les cercles.

A chaque étape de développement,  l’opportunisme revêt des  formes différentes. Le mouvement  ouvrier russe était alors en  plein essor ; les grèves regroupaient  des centaines de milliers  de travailleurs. Certains marxistes,  éblouis par ces luttes, théorisèrent  sur l’idée que le prolétariat  devait se cantonner aux revendications  économiques pour  se fortifier, laissant le combat  politique contre le tsarisme à la  bourgeoisie. Cette déviation :  « l’économisme », est la source  des déviations opportunistes  dans le mouvement ouvrier : en  s’inclinant devant le caractère  spontané des luttes sociales, il  les situerait uniquement dans le cadre des rapports  de production capitalistes ! Lénine fonda  l’Iskra (l’Etincelle) comme organe de  presse visant à regrouper les marxistes disséminés  dans toute la Russie et à préparer le  Second congrès du POSDR (parti ouvrier social-  démocrate de Russie), c’est-à-dire la création  effective et non formelle du parti.  La lutte contre l’économisme revêt un caractère  indispensable. En France, ce courant a de  puissantes racines, tant avec l’anarchosyndicalisme,  qu’avec un mouvement comme  « Lutte ouvrière ». Ils perpétuent le courant  révisionniste dont les objectifs sont :« la lutte  dans l’entreprise au syndicat, la lutte électorale  au parti » !  Notre campagne « Accusons le capitalisme »  vise à rompre avec cet héritage négatif, en  reliant chaque revendication sociale, chaque  réforme réactionnaire, à la source des maux :  la propriété  monopoliste et  l’État bourgeois.  Enfin, dernière  condition objective  de fondation  du parti,  la croissance et la radicalisation du mouvement  ouvrier. C’est bien parce qu’il existe un  puissant courant de lutte de classe dans le prolétariat,  que les marxistes y ont des facilités  pour développer la conscience révolutionnaire.  En échange, la dialectique du réel, le lien avec  les masses font progresser les militants révolutionnaires  dans la définition d’une tactique  appropriée à chaque étape de la lutte pour la  révolution.  Lutte idéologique contre les courants antimarxistes,  travail d’agitation au sein des larges  masses ouvrières (avant la création du parti),  combat permanent contre l’opportunisme,  c'est-à-dire l’incapacité à opérer une liaison  entre les luttes sociales pour se défendre au  quotidien et le combat politique général pour  le renversement du capitalisme, telles sont  quelques unes des leçons universelles du bolchevisme. 

 
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