

Le CPE, c’est la nature même du capitalisme
Une victoire de la lutte de classe !
La lutte pour le retrait du CPE a constitué le quatrième affrontement majeur avec le capital monopoliste après 1968, 1995, 2003.
Le CPE, dans le droit fil du sommet de Lisbonne des chefs d’Etat européens, représentait un axe stratégique décisif pour le pouvoir chiraquien et le MEDEF, son objectif était d’opérer une étape accélérée dans la destruction du Code du Travail en précarisant sans limites la jeunesse, en la livrant totalement à l’arbitraire patronal tant pour les conditions de travail, que d’horaires et de rémunération. Le CPE entériné aurait été étendu à toutes les catégories de salariés. Ce facteur explique l’acharnement du gouvernement Villepin à refuser toute concession, misant sur le « pourrissement », les provocations, la trahison des bureaucraties syndicales réformistes. En 1995 les travailleurs des entreprises publiques étaient entrés massivement en grève, mais ce n’était pas le cas des salariés du privé (la fameuse grève par « procuration), de plus la jeunesse était absente du mouvement.
En 2003, ce qui avait fait défaut alors, c’était au-delà de la lutte des lycéens contre la réforme Fillon et celle des salariés contre la liquidation de la retraite à 60 ans, leur absence de jonction en un courant unique de lutte !
En 1995 et 2003, les directions syndicales réformistes avaient « encadré » le mouvement gréviste et avaient limité ses revendications en acceptant de négocier à partir du cadre gouvernemental, en refusant toute extension du mouvement et préparation de la grève générale.
Ce dispositif de soutien « social » au pouvoir n’a pu fonctionner en raison de la radicalité de la revendication de la jeunesse exigeant le retrait du CPE (et non son aménagement), de l’ampleur de la mobilisation, résultant de l’immense colère populaire, avec 3 millions de manifestants !
Les facteurs de la victoire.
La lutte continue, principalement des étudiants et lycéens, a créé les conditions de la victoire ce qui n’avait pas été le cas dans les luttes précédentes.
La cause première, c’est l’irruption massive de la jeunesse dans le combat frontal contre le patronat et le gouvernement Villepin- Sarkozy à son service. Les étudiants et les lycéens ont utilisé la démocratie directe dans les assemblées générales, organisé les piquets de grève, le blocage et l’occupation des bâtiments scolaires. Le mouvement de la jeunesse a su opérer les alliances de classe nécessaires, en popularisant le mouvement auprès de la population, tant et si bien que la revendication de retrait puis d’abrogation du CPE a été comprise par l’opinion publique, isolant ainsi le pouvoir. Les opération « coups de poing » conduites en alliance avec les éléments avancés des syndicats ont assuré un caractère continu à la lutte faute de grève générale.
Autre précieux et indispensable facteur de la victoire, c’est la solidarité de classe et intergénérationnelle exprimée dans les journées de grève des travailleurs, opérant ainsi une liaison constante avec la jeunesse. Les salariés ont clairement exprimé le refus de voir leurs enfants condamnés à la précarité et aux « petits boulots ». Progrès qualitatif, les grèves et manifestations ont vu les travailleurs des monopoles privés se mobiliser. C’est là aussi, un acquis important de la lutte.
Ne faisons pas la fine bouche, la capitulation du pouvoir signifie une défaite cuisante du capital et d’un gouvernement totalement illégitime, un avertissement aux sociaux libéraux qui rêv e n t d ’ u n « blairisme » à la française ! C’est la première lutte victorieuse du mouvement populaire depuis très longtemps, amplifiant le succès du NON au référendum, l’indice du passage possible de la résistance à la contre-offensive du mouvement de lutte de classe.
Une victoire qui doit en appeler d’autres.
La situation en France continue d’être caractérisée par l’écart entre la combativité spontanée et massive des travailleurs et de la jeunesse et les perspectives politiques et syndicales du mouvement. Le facteur subjectif (le parti communiste à construire) fait défaut, ce qui livre le mouvement aux appétits hégémoniques des sociaux-libéraux du PS, à l’utopie réformiste impuissante du PCF et des trotskistes. La mobilisation exemplaire, la détermination de la jeunesse ont exercé une pression constante sur les directions syndicales réformistes qui en seraient volontiers resté à la seule « journée d’action » du 7 février. Les grèves et occupations s’amplifiant dans les établissements universitaires et scolaires, dès lors, toute « ouverture » ou concession des directions des centrales, éludant le retrait ou l’abrogation du CPE, aurait été perçue comme une trahison directe des aspirations de la jeunesse, condamnant les traîtres à l’opprobre générale et à la désaffection des adhérents. Ne soyons pas dupes, tout de même du travail de « roue de secours » du régime, opéré par le réformisme politique et syndical et manifesté par le refus de globalisation des revendications liées à l’emploi : retraites, licenciements, flexibilité, chômage, délocalisations, par le refus d’arracher des revendications plus larges à un gouvernement aux abois sous le thème de « sortie de la crise » !
L’URCF tout en soutenant les revendications vitales de la jeunesse, a dévoilé les sources économiques et politiques des réformes réactionnaires telles le CPE en les liant à la nature même du capitalisme, à la propriété privée des moyens de production et d’échange, à la dictature de classe du capital sur l’Etat et la société, à la nature impérialiste de l’Union européenne, à la nécessité d’abroger la Véme République et le présidentialisme, survivance du monarchisme.
L’URCF a poursuivi son travail de conviction sur la nécessité de globaliser les revendications, de les fédérer en un courant unique de luttes, de travailler à créer les conditions de la grève générale seule voie pour passer du refus de la régression sociale à la contre-offensive pour gagner les revendications vitales : emplois, retraites, défense des services publics, interdiction des licenciements, refus des diktats de l’UE.
Dans cette lutte, de nombreux jeunes ont acquis la compréhension profonde, que le CPE n’était pas seulement un choix ponctuel voire « maladroit » d’un gouvernement à bout de course mais l’expression de la stratégie des monopoles capitalistes, même si le lien avec la dénonciation nécessaire de l’UE impérialiste n’est pas encore véritablement opéré.
Beaucoup se sont élevés de manière qualitative à la conviction que d’autres batailles toujours plus massives seront nécessaires pour renverser les sources du chômage, de la misère, de la guerre, par la construction d’une alternative révolutionnaire au capitalisme. Le travail des révolutionnaires- communistes doit reposer sur la nécessité de travailler à fédérer toutes les victimes du capitalisme : les jeunes étudiants à l’avenir précaire comme ceux des cités discriminés, « exclus », les travailleurs du public et du privé, les privés d’emploi pour que dans les luttes futures renaisse le parti communiste marxiste- léniniste, outil incontournable d’une véritable alternative aux politiciens de droite et de « gauche » et au régime capitaliste qui nous gouverne.
Le progrès social ne dépend pas des échéances électorales de 2007 mais bien des combats de classe à mener, plus que jamais, la lutte continue !
Contre la précarité et le reste : l'illusion démocratique
Avec la lutte victorieuse contre le CPE, certains veulent nous faire croire qu’ils sont contre la précarité et nous attirer vers leurs bulletins de vote salvateurs. Les communistes savent qu’il faut juger aux actes les personnels politiques de la bourgeoisie. Raffraîchissons nous la mémoire par un bref rappel historique des contrats précaires les plus « célèbres ».
E n 1984, les TUC créés par Laurent Fabius sont des contrats de 6 mois renouvelables à mitemps payés moins de la moitié du SMIC (!) dans le secteur « non marchand ». Cinq ans plus tard, Rocard le transforme en CES pour passer à 12 mois renouvelables. En 1992, il se mue en CEC grâce à Bérégovoy et devient un ¾ temps. Juppé lance son CIE (1995) pour les chômeurs de longue durée et Jospin ses emplois- jeunes en 1997, contrats de 5 ans réservés au moins de 26 ans et payés au SMIC…En juin 2004, Raffarin fusionne CES et CEC pour accoucher du CAE qui surexploite (en 2006) 150 000 travailleurs. Année 2005, Villepin passe en force le CNE et bute sur la force collective des jeunes et la solidarité intergénérationnelle des travailleurs pour légaliser la précarité et casser le code du travail. On le voit, la gauche plurielle au pouvoir comme la Droite, tous multiplient et prolongent les contrats qui camouflent (en plus du chômage) une sinistre réalité : emploi sans garantie, absence de droit syndicaux, très bas salaires, avenir bouché. C’est de cette manière que les hommes de la démocratie bourgeoise appliquent l’unique idéologie du grand capital : profit maximum et pérennité du système. Pour baisser le coût du travail (profit maximum oblige), l’objectif est de niveler par le bas en généralisant la précarité. A travers les jeunes, le capital met en place la société capitaliste sans entraves juridiques ni limite dans l’exploitation qu’il construit pas à pas. Le néolibéralisme, véritable programme mondial de l’impérialisme, systématise la flexibilité pour adapter la production et la vente de la force de travail aux besoins du marché jusqu’à obtenir le paiement à la tâche généralisé des prolétaires !! Quelque soit sa forme, l’Etat capitaliste a toujours le même contenu de classe : la dictature du capital qui permet le monopole de la bourgeoisie sur les moyens de production et d’échange. L’illusion démocratique du suffrage universel et des élections est bien la plus grande duperie de la dictature bourgeoise (ce qui ne veut pas dire que les marxistes-léninites ne mènent pas le combat des élections – quand ils le peuvent - pour démasquer cette démocratie pour une minorité et dictature sur la majorité). En jouant encore les amnésiques, nous pourrions écouter les futurs présidentiables : le fasciste Le Pen, représentant des monopoles les plus réactionnaires a soutenu jusqu’au bout le CPE ; Sarkozy demande plus de flexibilité après être resté plus ou moins muet en accord avec L. Parisot (patronne du MEDEF) qui aurait préféré un CPE pour tout le peupletravailleur (sic) ; Fabius (voir TUC) nous dit qu’on ne peut pas être contre le fait d’aider les entreprises (aides financées par l’impôt de classe sur les travailleurs) ; S. Royal fait l’éloge de Tony Blair… ; Hollande nous repropose des emplois- jeunes ; Buffet cherche de nouveau l’alliance avec le PS etc, etc… Dans la lutte contre le CPE, de nombreux jeunes ont acquis cette compréhension profonde que le CPE n’était pas seulement un choix ponctuel, voire « maladroit » d’un gouvernement à bout de course mais l’expression d’une stratégie : celle des conseils d’administration des monopoles (lire multinationales), et d’un régime : le système capitaliste. Après la victoire du non, pour la deuxième fois en moins d’un an, le pays représenté s’est révélé aux yeux des masses, ne pas être le pays réel. Cette nouvelle victoire obtenue par la lutte pose avec encore plus d’acuité la construction à la base d’une alternative révolutionnaire et progressiste au capitalisme, l’élaboration d’un programme minimal et maximal de lutte contre le capitalisme et la création d’un Parti communiste unique, prolétarien, marxiste-léniniste.
Congrès de la CGT: la direction veut en finir avec le syndicalisme de classe
Déclaration commune à quatre organisations au Congrès de Lille
Année après année, l’offensive du patronat, relayée par l’Union Européenne et les gouvernements successifs, est de plus en plus brutale : destruction des acquis sociaux, privatisations, licenciements collectifs, précarisation du travail et des conditions de vie, démantèlement de pans entiers de l’industrie et des services publics… Dans cette situation, les travailleurs et la jeunesse ont besoin d’une stratégie de classe et de masse pour résister pied à pied et pour préparer une contreoffensive générale. Des avancées pour les travailleurs ne peuvent être que le produit de luttes parvenant à mettre le grand capital sur la défensive. Or la direction de la CGT, à l’image des autres organisations syndicales, suit une orientation diamétralement opposée.
C’est pourquoi nous, regroupements de militants syndicaux de diverses sensibilités, tous partisans d’un syndicalisme de classe et de masse, avons décidé de nous unir pour nous adresser à vous, camarades délégués du 48e congrès. - 2003 : défaite du grand mouvement contre la réforme des retraites ; or la direction avait accepté de discuter avec le gouvernement le principe de cette « réforme » antisociale ; elle a ensuite justifié sa stratégie molle de « journées d’action » diluées dans le temps par la prétendue « efficacité » d’une alliance avec la CFDT ; elle a enfin pris prétexte de la trahison de Chérèque pour refuser d’appeler à l’extension de la grève et à la grève générale, comme le demandaient des millions de manifestants dans la rue.
- 2004 : réforme Douste-Blazy de la protection sociale, après un « diagnostic partagé » émanant du « Haut Conseil pour la réforme de l’assurance maladie » auquel la direction avait accepté de participer ; changement de statut d’EDF et de GDF, après que les directions (confédérale et de la FNME CGT) eurent accepté le principe de l’actionnariat salarié et cautionné, sans l’aval des syndicats et des militants et grévistes de terrain, la promesse de Sarkozy prétendant que l’État garderait 70 % du capital. On voit ce qu’il en est aujourd’hui…
- 2005 : refus de la direction confédérale d’appeler à voter NON au référendum sur la « Constitution européenne », même après le désaveu que lui a infligé le CCN du 3 février, puis de tirer les conclusions du rejet massif de cette « Constitution » par les travailleurs ; refus de donner une suite aux puissantes « journées d’action » du 10 mars et du 4 octobre ; refus de lutter pour le maintien d’une SNCM nationalisée à 100 % — Bernard Thibault allant jusqu’à négocier avec Villepin juste après que celuici eut envoyé la police et l’armée contre les marins et les travailleurs portuaires en grève.
- 2006 : puissant soulèvement des étudiants et lycéens contre le gouvernement ; mais, sous prétexte d’alliance avec la CFDT, la CGC, la CFTC, etc., la direction de la CGT a cantonné les revendications au « retrait du CPE », refusant de s’appuyer sur le mouvement et sur la crise politique pour exiger le retrait de toute la loi dite « sur l’égalité des chances », du CNE, de la privatisation de GDF et des autres contre-réformes. Corrélativement, la direction de la CGT et les autres organisations se sont contentées d’appeler à des « journées d’action » et non à la grève tous ensemble et en même temps. Enfin, elles se sont adressées « solennellement » à Chirac et ont accepté d’aller rencontrer les députés de l’UMP et d’arrêter la mobilisation en attendant les résultats de ces « discussions ».
À l’occasion de ce 48e congrès, loin de mettre en cause son orientation, qui a fortement contribué aux défaites, la direction CGT entend franchir un seuil décisif dans l’abandon du syndicalisme de classe. Pouvons-nous accepter de désarmer ainsi la classe ouvrière ?
Refusons la pratique des « diagnostics partagés » et le recours systématique aux « négociations » à froid entre prétendus « partenaires sociaux » : cette stratégie revient à associer les contre-réformes, voire à leur coélaboration, au lieu de préparer la résistance par la lutte de classe.
Refusons la ligne du « syndicalisme rassemblé » qui, sous le prétexte d’une « unité » factice et d’une « efficacité » douteuse, revient à soumettre le syndicalisme authentique à la collaboration de classe.
- Refusons l’intégration de la CGT à la CES et demain à son clone international souhaité par la direction confédérale sur la base d’une fusion entre le réformisme et le social-christianisme. Contre ce prétendu « syndicalisme » qui n’est que le cache-sexe et le faire-valoir de l’Union européenne et du capital mondialisé, nous en appelons à un syndicalisme de classe réellement internationaliste.
Dénonçons l’effacement des revendications collectives et des mots d’ordre clairs qui ont fait la force du mouvement ouvrier depuis le XIXe s i è c l e , au pro f i t d e la « revendication » de « droits liés à la personne », tel le « nouveau statut du travail salarié » proposé par la direction de la CGT et repris maintenant par les Sarkozy et autres partisans de des droits, facteur d’atomisation de la classe ouvrière, nous opposons des revendications collectives : défense des acquis sociaux, interdiction de la précarité, baisse générale du temps de travail pour embaucher les chômeurs, sans baisse de salaire et sans flexibilité, renationalisation sous contrôle ouvrier des entreprises privatisées, etc.
Au final, la satisfaction des travailleurs exigera que le grand capital soit vaincu et que ces derniers prennent en main leur avenir par l’appropriation collective des moyens de production.
C’est pourquoi nous appelons les camarades délégués qui refusent d’abandonner la lutte de classe à s’opposer à l’orientation de la direction confédérale !
Collectif Unitaire pour un Front Syndical de Lutte de classe Comité pour un Courant Intersyndical Lutte de classe Anti-bureaucratique Continuer la CGT Collectif Général des Travailleurs CGT-E