Villepin s’illustre par son refus d’entendre la colère et la mobilisation de la jeunesse. Après avoir réuni les dirigeants des centrales syndicales, il a confirmé: "Le CPE sera appliqué!".
C'est vrai que le CPE n’est pas une simple mesure conjoncturelle "hexagonale" mais l’application de la stratégie des monopoles capitalistes, relayée par l’Union Européenne (UE) et les gouvernements à leur service. Le sommet de Lisbonne (2000) fixait cette orientation à tous les Etats de l’Union : "construire l’économie la plus compétitive", politique ratifiée par tous les Etats et gouvernements (Chirac et Jospin signèrent ces directives).
Partout dans les Etats de l’UE, la nature de classe de la politique suivie est la même : réduction des charges sociales pour les patrons, baisse du "coût du travail", privatisation des services publics, précarité, flexibilité, chômage de masse.
Dans ce dispositif, le sommet de Lisbonne fixait l’objectif suivant au système éducatif : "favoriser l’employabilité et l’adaptabilité de la jeunesse aux besoins de l’entreprise"! La jeunesse sert de cobaye à cette expérimentation anti-sociale ; 50% des jeunes de moins de 25 ans connaissent le chômage, 1/3 des emplois créés sont précaires, 10 % des salariés sont payés en-dessous du "salaire minimum".
Le CPE c’est la généralisation de la précarité à tous les moins de 26 ans, la destruction du code du travail, en attendant de précariser l’ensemble des salariés.
Cette politique néo-libérale appliquée partout vise à assurer en période de crise économique, la réalisation du maximum de profits capitalistes. Ainsi ces mêmes profits explosent: 80 milliards d’euros pour les 40 plus grands groupes capitalistes en France, la politique économique n’obéit qu’à un seul impératif: satisfaire les appétits financiers des actionnaires!
Le pouvoir, appliquant les ordres du MEDEF prétend incarner la "fermeté" en s’arc-boutant sur l’application du CPE : "On ne veut plus de la durée légale du temps de travail", "l’amour et la santé sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas?", "il faut supprimer la loi sur le SMIC, la fixation des salaires est du ressort des entreprises."(L.Parisot, présidente du MEDEF). "Le CPE est un élément très important de notre politique, c’est un instrument capital pour ouvrir les portes des entreprises (…), au cœur de notre politique, il y a la baisse du coût du travail" (J.Chirac sommet Franco-Allemand. Mars 2006).
Parallèlement à la politique de casse sociale et la conditionnant, le gouvernement Villepin-Sarkozy a recours de plus en plus à l’autoritarisme et à la répression: envoi de la marine de guerre lors de l’occupation du "Pascal-Paoli" par les travailleurs de la SNCM, proclamation de l’état d’urgence lors de l’explosion sociale des banlieues, en s’appuyant sur des décrets datant de la guerre coloniale contre le peuple Algérien, refus du dialogue avec les organisations syndicales de salariés et d’étudiants ( il a fallu plus de 6 semaines de conflit pour que Villepin reçoive les centrales pour leur annoncer le maintien du CPE !), brutalités policières avec entre autres, un syndicaliste dans le coma et un étudiant grièvement blessé. Des dizaines de jeunes, arrêtés pour avoir occupé leur fac ou des bâtiments publics, sont déférés devant les tribunaux.
Cette "fermeté" loin d’être un signe de force, est la marque de la faiblesse d’un pouvoir rejeté par la majorité des français, comme l’a montré la victoire du NON au référendum. Le pays réel et le pays représenté ne cadrent plus, ouvrant une crise politique d’ampleur. Le CPE constitue une régression sociale, une discrimination intolérable à l’égard de la jeunesse, pour obtenir son retrait, il faut battre les faiseurs de précarité et de misère: le MEDEF et le gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy !
Jeunes Etudiants et Lycéens/travailleurs : pour un grand 28 mars de luttes!
La mobilisation ne cesse de grandir : 400 000 manifestants le 7 février, 1 million le 7 mars, 1,5 million le 18 mars, le 28 mars nous devons faire toujours plus fort!
Ces derniers jours, l’occupation des facs s’est élargie (70 %), les lycéens sont entrés en lutte en décidant la grève et le blocage! l’exemplarité de la lutte de la jeunesse, la solidarité intergénérationnelle ont obligé toutes les centrales à faire du 28 mars, une journée de grève nationale. Cette mobilisation sera t-elle suffisante? Nous le verrons, nous savons que les capitalistes et leurs agents ne plient que sur la base d’un rapport de forces massif construit dans des luttes de classe unissant toutes les forces populaires contre la politique du capital.
En effet, derrière la politique gouvernementale, il faut cibler le capitalisme, qui incapable de satisfaire les besoins, veut détruire toutes les conquêtes sociales, durcir toujours plus les conditions de l’exploitation salariale. Il est nécessaire comme en 1968, que la bourgeoisie monopoliste sente la force, toute la force du peuple-travailleur. Recourons aux moyens qui ont fait leurs preuves!
La grève générale interprofessionnelle recon-ductible doit se préparer dès maintenant, avec l’objectif central d’une marche nationale à Paris de tous les anti-CPE!