La bourgeoisie monopoliste a depuis toujours cherché à s’attaquer aux dispositions de la loi de 1905 -soit insidieusement- soit frontalement, comme la loi de 1941 sous la dictature de Pétain prônant un clérico-fascisme.
Le gouvernement Villepin-Sarkozy pratique ce double langage. D’un côté le premier ministre est là pour « rassurer » et affirmer « la validité de la loi de 1905 », de l’autre le ministre de l’intérieur « et des cultes », Sarkozy s’est fait le chantre de l’importation du « modèle américain » fondé sur le communautarisme, c’est à dire la soumission des travailleurs, selon leur religion, aux évêques, rabbins, imams, pasteurs. Comme aux Etats-Unis, ce communautarisme vise à camoufler le régime de ségrégation, les inégalités sociales à partir de critères raciaux, l’inégalité juridique de fait. Ainsi, on a vu les gouvernants assister à des messes officielles, consulter les appareils des églises sur telle ou telle question de société, en violation de la loi de 1905.
Les monopoles confrontés à une crise durable (pourrissement) du système capitaliste, pour assurer le surprofit et la pérennité de leur pouvoir d’Etat ont recours tant à la mystification de « l’opium du peuple » (K.Marx) qu’à la répression et à la fascisation des institutions. En somme la version éternelle du sabre et du goupillon.
Mystifications quand sur les antennes nationales, financées par l’argent public, des journalistes à l’occasion de la mort du pape, évoquent « sa sainteté », ses « miracles », « les paroles de la vierge Marie à Bernadette Soubirous ».
Propagande assénée, sans tenir compte de la laïcité proclamée de l’Etat. La laïcité est d’ailleurs clairement ciblée par l’Union européenne impérialiste, puisque dans le projet constitutionnel, rejeté à juste titre par les Français, était rappelé « l’apport du fait religieux à la civilisation européenne », sans évoquer l’inquisition, les croisades et autres barbaries.
L’offensive réactionnaire vise à justifier l’actuel pillage néo-colonial de l’impérialisme français qui se situe au second rang des exportateurs de capitaux, afin de s’emparer de marchés en Afrique, en Amérique Latine, en Europe, tout en cassant le tissu économique de notre pays.
La loi du 23 février 2005 réhabilitant la présence coloniale française, justifie le passé et veut légitimer le présent. Les capitalistes, les négriers, les missionnaires sont pourtant à l’origine d’un des plus grands génocides de l’histoire.
Le cléricalisme pousse ses exigences de financement des lieux de culte par l’Etat, sur l’introduction de la religion dans les écoles publiques (merci Jospin), rappelle sa volonté d’étendre le régime de concordat de l’Alsace-Moselle à tout le pays, ajoutons le délit de blasphème institué par les tribunaux, autant de mines pour aller vers une révision et un abandon de la loi laïque prôné par Sarkozy.
La laïcité est indissociable de la défense des libertés démocratiques. L’autoritarisme grandissant du pouvoir, les mesures de fascisation (état d’urgence, couvre-feu, expulsions d’étrangers) accompagnent et s’alimentent du retour du cléricalisme.
La France est devenue depuis des décennies ségrégative et discriminatoire à l’égard des sans-papiers, des travailleurs immigrés dotés d’autorisation de séjour, des français récemment naturalisés, voués au chômage de masse ou à la précarité et aux bas salaires.
L’explosion sociale des banlieues est l’expression de la colère et du « no future » de beaucoup de jeunes. Les syndiqués, les démocrates, les communistes révolutionnaires, les défenseurs de la laïcité se doivent d’être aux côtés des plus démunis.
C’est la raison pour laquelle, l’Union des Révolutionnaires-Communistes de France condamne les propos d’une association laïque (UFAL) qui se livre à de douteux amalgames et appelle à la répression « contre les délinquants maffieux et les caïds de l’islamisme politique ».
La laïcité ne vise nullement le droit à pratiquer une religion, à discriminer des personnes pour leur appartenance à une église ou pas, la laïcité c’est le respect de l’égalité de tous en séparant églises et Etat, en refusant tout prosélytisme dans les lieux et établissements publics.
Les marxistes-léninistes que nous sommes, estiment que pour se défendre au quotidien, pour combattre le capitalisme, il faut l’union des ouvriers et des travailleurs, sans distinction de croyances et de philosophie. Nous combattront toute main-mise des appareils cléricaux tant dans la société que dans le domaine politique.