Droit à la retraite à 60 ans !
Hausse générale des pensions !
Tous ensemble contre le gouvernement et le capital !
Le droit à la retraite à 60 ans a été obtenu par les luttes sociales et politiques du XXème siècle. Mais cette conquête a toujours été considérée par le patronat comme " un coût exorbitant ", d’autant que les progrès de la médecine assurent une plus grande longévité aux pensionnés.
Le capital et ses commis gouvernementaux ont donc mis en œuvre, depuis une quinzaine d’années, une succession de mesures visant à dégrader les conditions de départ à la retraite et le pouvoir d’achat des retraités.
En France et dans toute l’Europe : la loi du profit
contre le droit à la retraite !
Les décrets Balladur en 1993, puis la loi Fillon de 2003, ont allongé de 2 ans et demi la durée de cotisation, et accentué la paupérisation des retraités, qui ont vu leur pouvoir d’achat baisser de 20% depuis 1994 ; ils sont une majorité à vivre avec moins de 1300 euros par mois, et 13% en-dessous du seuil de pauvreté.
Mais la bourgeoisie monopoliste ne compte pas en rester là. Pour réaliser le maximum de profits, il lui faut amputer davantage les pensions, en allongeant à 41, puis à 42 annuités la durée de carrière exigée pour une retraite à taux plein.
C’est ce que prévoit le nouveau projet de loi Fillon soumis début juillet au vote des parlementaires, après une pseudo " phase de discussions " qui ne doit tromper personne : le gouvernement Sarkozy/Fillon est déterminé à satisfaire au plus vite les exigences des monopoles européens, en appliquant la politique néo-libérale décidée au sommet de Barcelone (ratifié en 2002 par Chirac et Jospin).
L’objectif de l’annulation de la retraite à 55 et 60 ans, par une carrière se déroulant jusqu’à 65, voire 67 ans, est de pousser les travailleurs à verser aux fonds de pension ou autres caisses complémentaires, pour permettre au capital financier de placer à la bourse les milliards dont il sera détenteur. Dans un contexte de crise générale du capitalisme, on sait le risque qui pèsera sur ces économies imposées aux travailleurs.
Défendre des pensions décentes, refuser les attaques contre le droit à la retraite à 60 ans, cela exige de se battre non seulement contre le gouvernement, mais aussi contre la classe capitaliste.
D’un côté les milliards des cadeaux fiscaux et " parachutes dorés " du patronat ; de l’autre toujours plus de difficultés à finir le mois, et la perspective du " minimum vieillesse " pour des millions de salariés victimes du chômage ou de la précarité.
Riposter, lutter ensemble,
poursuivre l’action jusqu’à la victoire !
L’expérience montre que, pour les travailleurs confrontés au pouvoir et au MEDEF, dont la stratégie unique est la liquidation de toutes les conquêtes sociales obtenues au XXème siècle, des journées d’action espacées, même programmées à proche intervalle, ne sauraient suffire pour faire reculer le gouvernement réactionnaire.
Il faut des actions continues. Les travailleurs, pour conduire leur combat, doivent rejeter les discours du syndicalisme d'aménagement et de capitulation, tenus y compris par la direction de la CGT. Après avoir entériné les 40 annuités, celle-ci nous explique "que rien n'est joué sur l'allongement de carrière", alors qu'elle mise sur les discussions à Matignon, et non sur l'action intergénérationnelle unissant actifs et retraités, pour une riposte globale contre cette politique qui casse le tissu économique et fait payer la crise aux travailleurs et aux pensionnés.
Ce qui nous unit, c’est avant tout la défense du pouvoir d’achat, l’exigence commune de hausse des salaires et des pensions, la défense de l’emploi, le refus de la précarité qui pèse sur les versements aux fonds de retraite.
Autant de revendications légitimes qui ne pourront être arrachées que par les luttes. La bataille sociale doit se doubler de sa dimension politique.
La politique de l’Union européenne, mise en œuvre par tous les gouvernements de droite comme " de gauche ", a sa source dans la propriété monopolistique des moyens de production, dans le pouvoir intégral du capital sur l’Etat.
Il faut donc combattre le capitalisme, régime devenu incapable de satisfaire les besoins vitaux de la population laborieuse, construire une alternative progressiste et révolutionnaire au système d’exploitation !
Dans l’immédiat, unissons nos forces, dans une solidarité de classe intergénérationnelle, pour nos revendications d’urgence !
Ensemble, exigeons l’abrogation des décrets Balladur et de la loi Fillon !
L’URCF, dans son programme " Le socialisme, seule solution au capitalisme ", a proposé voici trois ans, des revendications qui commencent à se frayer leur chemin dans les sections syndicales combatives et le mouvement populaire ;
§ Retraite à 55 et 60 ans avec 37,5 annuités pour tous !
§ Pension minimale de retraite portée immédiatement à 1500 euros !
§ Retraite fondée sur 75 % des 10 meilleures années !
§ Hausse générale des salaires et des pensions de 300 euros, immédiate pour les petits salaires et pensions !
§ Taxation du capital et des profits !
Union des Révolutionnaires-Communistes de France (URCF) le 29 mars 2008