APRES LA VICTOIRE DU NON

 LA LUTTE CONTINUE 

La victoire du NON au référendum est historique, il s’agit d’une défaite à la fois du néo-libéralisme, de la bourgeoisie française, de l’Europe des monopoles.

 Ce NON s’est construit avant tout à la base, dans de multiples comités et initiatives, dans les sections syndicales,  par les diffusions de tracts massives contrecarrant la toute-puissance de l’appareil d’Etat capitaliste au service du OUI : Présidence de la République, gouvernement, UMP, UDF, PS social-libéral, MEDEF, syndicats intégrés type CFDT et CES.

L’unité la plus large, dans le respect de l’identité de chaque composante progressiste, a été la condition de la victoire.

Le NON a été aussi la traduction du mécontentement, de la colère devant les fruits amers du néo-libéralisme de l’UE et des gouvernements Jospin et Raffarin. Les conséquences de cette politique sont connues : délocalisations, chômage de masse, précarité, privatisation des services publics,  ruine de l’agriculture familiale et du petit commerce,  recherche,  éducation et culture vues sous l’angle unique de la rentabilité financière,  droits des femmes menacés par les intégrismes moyenâgeux,  flambée des loyers ; tout cela a été clairement rejeté par les électeurs, le 29 mai !

Mesures Villepin tout continue comme avant !

Le gouvernement en grandes difficultés, tente de tromper les attentes en prétendant afficher la priorité à la lutte contre le chômage. La réalité est intangible, le pouvoir cherche à satisfaire les exigences du MEDEF. Le Premier ministre propose de réviser la règle de l’embauche, d’ouvrir ainsi la voie à la liquidation du Code du Travail, déjà entamée par ses prédécesseurs. Le « contrat de nouvelle embauche » voit la période d’essai passer de trois mois à deux ans ! Dans ce dispositif, le patron peut licencier à tout moment le salarié sans formalités ni comptes à rendre. Le patronat n’aura plus à payer l’indemnité compensatrice de précarité du salarié (10 % du salaire). Les conséquences seront dramatiques, avec flexibilité et précarité accrues, les employeurs pourront embaucher pour satisfaire des commandes et débaucher aussitôt.

Le « chèque-emploi-entreprise » constitue une véritable opération de blanchiment du travail clandestin. Dans les secteurs du bâtiment, de la restauration, pourvoyeurs d’une telle  main d’œuvre, cette mesure renforcera les profits du patronat. Le « chèque-emploi » ne nécessite aucun contrat de travail, ni indication de la rémunération, du temps de travail, de sa durée ! Les heures supplémentaires sans contrat ne seront pas rémunérées, le salaire final risque d’être fort différent des promesses verbales. L’ensemble de ces mesures constitue une aggravation brutale de l’exploitation capitaliste, un cadeau de plusieurs milliards au capital.

D’autres mesures sont clairement inspirées par l’autoritarisme et les menaces de répression. Sarkozy, toujours président de l’UMP, aura le contrôle de la police politique, c’est là une violation des droits démocratiques. Le pouvoir annonce le maintien des poursuites judiciaires contre 40 lycéens dont le seul « délit » est d’avoir lutté pour l’abrogation de la loi Fillon ! Nous exigeons l’arrêt des poursuites engagées !

 Concernant l’immigration, une politique de quotas (approuvée par le responsable PS à cette question), est annoncée, source de la subordination de l’ensemble du monde du travail français et immigrés au chantage et aux pressions patronales. La logique néo-libérale, rejetée par la majorité des électeurs, se poursuit visant à donner aux monopoles, la liberté illimitée d’exploiter la classe ouvrière et d’opprimer le peuple-travailleur.

Pour une alternative d'urgence !

Le  pouvoir affronte une crise majeure au sommet. Le pays réel n’est pas le pays représenté ! Toutefois, le régime ne tombera pas tout seul. La réponse n’est pas dans « l’alternance »  que certains préparent. A cet effet les sociaux-libéraux du PS  retrouvent un langage « oppositionnel », J. Lang trois jours après avoir félicité J. Chirac, exigeait sa démission le 30 mai ! Ne soyons pas amnésiques ! Durant la campagne référendaire le consensus entre droite et PS de Hollande a été amplement démontré, le record des privatisations incombe au gouvernement Jospin, celui de la casse des retraites, de la sécurité sociale à Raffarin. Deux étiquettes politiques mais une politique unique, celle du néo-libéralisme au service des multinationales. Ce dont le pays, les travailleurs ont besoin, ce n’est pas d’une simple alternance à l’anglo-saxonne. Le NON porte aussi une exigence et un besoin : recomposer le camp progressiste, forger à partir du mouvement de luttes, une alternative de progrès social empêchant la catastrophe imminente. Cette alternative aura pour mandat d’urgence  de satisfaire les revendications sociales, de sauvegarder et développer les droits démocratiques, de promouvoir une politique fondée sur les priorités accordées au développement industriel, agricole, de la formation et de la recherche, seul moyen structurel de contrecarrer le chômage massif. Politique qui exigerait le refus des diktats de l’UE, le droit d’assumer en toute liberté sa souveraineté populaire, tout en promouvant des coopérations d’égal à égal, avec tous les pays. Marxistes-léninistes, nous sommes favorables au renversement du capitalisme et à la seule alternative durable à nos yeux : le socialisme, mais nous jugeons urgente une telle alternative progressiste car nul ne peut ignorer les souffrances de millions de travailleurs, le désespoir devant les fermetures d’entreprises, l’affaiblissement sans pareil du pays, de son potentiel économique après des décennies de néo-libéralisme, la classe ouvrière en franc constant voit son niveau de vie régresser à ce qu’il était dans les années 50 !

Qui dit : recomposition progressiste, ne peut que tirer les leçons du passé récent (et plus ancien). Ceux qui ont trompé le mouvement populaire à maintes reprises, les sociaux-libéraux du PS n’ont pas leur place dans le camp du progrès, idem pour ceux qui s’entêteraient à tendre la main aux chefs du « OUI de gauche », parce que ce sont les continuateurs de la politique néo-libérale quand la droite réactionnaire est battue.

 Le CMC et l’URCF sont pour la consolidation du camp du NON,  élargi aux travailleurs immigrés, victimes de la même politique,  sans céder à la mystification d’un OUI de gauche. Le référendum a opéré une ligne de démarcation entre ce qui est progressiste et ce qui est réactionnaire, il a tracé une fracture entre capital et travail. Le camp du NON est hétérogène mais c’est la vie qui tranchera entre ceux qui croient à « une Europe sociale », à l’élaboration d’un « traité alternatif », à la possibilité durable dans le cadre du capitalisme de satisfaire les besoins matériels et culturels. Le Collectif Militant Communiste et l’Union des Révolutionnaires-communistes de France  estiment que l’Union Européenne, forte du pouvoir d’Etat de l’oligarchie financière dans chaque pays et à Bruxelles et de la propriété capitaliste des moyens de production, constitue une entente non sans contradictions, de puissances impérialistes qui ne peut servir de cadre à des transformations progressistes, c’est pourquoi, nous nous prononçons pour le retrait de l’UE. Cela ne découle ni de la xénophobie, ni du nationalisme. Internationalistes, nous ne confondons pas la nécessaire solidarité de luttes et d’avenir  des peuples avec les structures dont se dote l’impérialisme.

Cette conviction qui est la nôtre, comme celle visant à lutter pour un avenir fondé sur le socialisme en France et dans le monde, nous la défendrons,  tout en luttant avec tous les partisans du NON contre les conséquences dramatiques du capitalisme. Le 29 mai, nous avons remporté une victoire électorale, nous avons gagné une bataille mais pas la guerre, dans les mois à venir, il faut parachever la victoire par les luttes de classes, seule la force unie du travail peut imposer des reculs au pouvoir et au néo-libéralisme !

 

 

CMC: COLLECTIF MILITANT COMMUNISTE,
email: militant@militcom.org 
site: http://.militcom.org.


UNION des RÉVOLUTIONNAIRES-COMMUNISTES DE FRANCE. 
email : urcf@wanadoo.fr
site http://URCF.net



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