COMBATTRE LA XENOPHOBIE D’ETAT

ET LA SUREXPLOITATION ECONOMIQUE ENGENDREES PAR LE CAPITALISME !

 

La xénophobie d’Etat, idéologie officielle du capital.

L’immigration est devenue un enjeu électoral pour les partis du capital. Un seul domaine est sinistrement planifié, dans notre pays, celui des expulsions programmées : de 25 000 à 28 000 en 2008 ! Ce qui entraîne, zèle oblige, une politique d’émulation dans l’abjection. Politique baptisée cyniquement « éloignement des étrangers en situation irrégulière ». Le renvoi des immigrés est devenu une « priorité nationale ». Le ministère de « l’Immigration et de l’Identité nationale », amalgame liberticide, est l’une des pièces maîtresses du dispositif Sarkozy.

Cette idéologie xénophobe d’incitation à la haine nationale, vise à engendrer toujours plus, dans un pays qui fut colonial (et néo-colonial aujourd’hui), le chauvinisme, la division entre Français et immigrés… pour le seul intérêt des capitalistes. Voulant camoufler les contradictions de classes inhérentes au système d’exploitation du salariat, certains apprentis sorciers de la bourgeoisie recherchent des boucs émissaires pour justifier les maux dont souffrent tous les travailleurs : chômage, bas salaires, allongement du temps de travail, attaques contre la retraite à 60 ans, précarité.

« Il faut  faire peur et rendre la vie (des immigrés sans papiers) aussi pénible  et précaire que possible… (pour) endiguer les flux migratoires » ! Les contrôles policiers, la chasse au faciès, les expulsions, les centres de détention, les tests ADN et bientôt les quotas, tel est le credo de la bourgeoisie, de la réaction néo-vichyste.  Le pouvoir du capital est ainsi conduit à violer ses propres lois ! La charte des droits de l’enfant, ratifiée par l’ONU, prévoit l’interdiction de reconduire les enfants  hors des frontières de tout pays. En France, cette année, 600 enfants ont été expulsés (en violation de l’article 511-4).

L’institutionnalisation de la xénophobie d’Etat entraîne la criminalisation et la répression des associations, réseaux, militants de la solidarité avec l’immigration. « L’entrave à l’application des décisions de justice » est le cadre juridique permettant l’autoritarisme croissant et la restriction des libertés démocratiques.

 

Capitalisme, immigration, surexploitation économique.

Le capital considère tout être humain comme une force productive, bonne à être exploitée. Quand les besoins économiques et la recherche des profits l’exigent, le patronat a recours massivement à l’immigration (années 1920, 60). En période de crise économique aiguë, de pillage sans freins des pays du  « Tiers-monde » par l’impérialisme y compris français, alors qu’il n’y a pas de travail localement, ce qui oblige les miséreux à s’expatrier, les monopoles conduisent une politique d’ « immigration choisie » avec la généralisation de la « carte de séjour temporaire ».  L’immigration sera permise là où les « partenaires sociaux » définiront s’il y a possibilité économique de s’installer. Mais qui fournit les données ? Qu’est-ce qu’une « zone géographique » ?

La politique néolibérale du capitalisme détruit pas à pas toutes les conquêtes sociales obtenues par les luttes au XXème   siècle.

Sarkozy avance le slogan de « protection du marché national du travail ». Les immigrés sont accusés de « concurrence déloyale ». Il s’agit d’un mensonge d’Etat. En réalité, le capital veut développer un « marché du travail » à plusieurs vitesses pour permettre la surexploitation de tous les ouvriers et travailleurs.

Le marché se fragmente,  avec les emplois réservés aux « nationaux », la nécessité d’un permis de travail temporaire pour d’autres, le  recours aux « sans-papiers » « jetables » à tout moment, une fois le labeur accompli. Les monopoles ont  donc institué les bases économiques de ce marché éclaté :

Les sous-traitances, qui limitent les droits sociaux et syndicaux en précarisant le personnel. L’externalisation, où les salariés subissent une double pression patronale, où les pratiques racistes, le harcèlement moral et sexuel ne sont pas exceptionnels.

L’intérim, ce sont ces agences qui sont pourvoyeuses d’emplois précaires et corvéables, (on disait négrier au XVIIIème  siècle) en recourant au travail clandestin (près de 50 % des « sans-papiers » ont une fiche de paie, ils produisent 17 % des richesses nationales).  

La surexploitation : non seulement les immigrés sont victimes à tout moment de risque d’expulsion, mais l’Etat bourgeois et le capital financier organisent leur spoliation. Ce sont les foyers où sévissent les marchands de sommeil qui multiplient le prix du loyer par le nombre d’occupants. Les banques, qui après l’expulsion bénéficient du compte non liquidé, les « sans-papiers » qui cotisent en vain aux caisses de retraite, maladies, chômage. Tout est bon à prendre pour le capital usuraire.

La répression : les pouvoirs de la police, de la gendarmerie, des douanes, sont accrus dans le domaine de la politique de contrôle de l’immigration, avec des coûts élevés de transports aériens, ferroviaires, maritimes s’ajoutant aux innombrables drames humains. Le fichage des immigrés et des militants, les atteintes à la vie privée (mariages mixtes), sont le lot quotidien. La lutte contre le travail illégal est un paravent, les contrôles visent toujours le pauvre travailleur, jamais les mafias esclavagistes. La politique répressive anti-immigrés conduit à la restriction générale des libertés démocratiques pour l’ensemble du peuple-travailleur.

 

Deux France : La France résistante et démocratique contre la France des privilégiés et des réactionnaires vichystes.

A chaque fois que le capital  a mené une politique xénophobe, c’est la pire réaction qui a sévi dans le pays s’attaquant aux droits sociaux, économiques, démocratiques. Il y a un lien étroit entre  progrès social et solidarité internationaliste et de classe. Le chauvinisme ne profite qu’aux puissantes forces d’argent. L’URCF salue le combat courageux  des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, qui portent haut les valeurs de la France démocratique, niées par la réaction autoritariste. Force est de reconnaître que le combat pour la pleine égalité  des travailleurs immigrés et français,  nécessitera l’action pour satisfaire l’exigence d’une citoyenneté nouvelle fondée sur le droit du sol et du travail, avec le mot d’ordre : quiconque travaille dans un pays doit bénéficier de tous les droits citoyens ! 

Marxistes-léninistes, nous estimons que la politique liberticide et anti-immigrée est non seulement une violation des principes démocratiques, mais l’incarnation de la politique du capitalisme. La lutte pour la régularisation des « sans-papiers », pour l’égalité des droits, ne pourra être durablement satisfaite qu’en abolissant le système capitaliste qui engendre cette politique. La France révolutionnaire de 1789 accordait la nationalité française aux juifs, la révolution anticapitaliste que nous voulons construire, accordera des droits intangibles à tous ceux qui travaillent en France, en donnant le pouvoir aux producteurs des richesses sociales et en expropriant le capital.

SUPPRESSION DU MINISTERE DE L’IDENTITE NATIONALE !

ARRET DES EXPULSIONS, FERMETURE DES CENTRES DE RETENTION ! 

NON A LA POLITIQUE DE QUOTAS, NON A L’IMMIGRATION CHOISIE !
EGALITE DES DROITS CITOYENS ET SOCIAUX ENTRE TRAVAILLEURS IMMIGRES ET FRANÇAIS !

REGULARISATION DE TOUS LES SANS-PAPIERS !

ARRET DE LA REPRESSION ET DES POURSUITES A L’ENCONTRE DES MILITANTS DE LA SOLIDARITE AVEC LES SANS-PAPIERS !

FRANÇAIS/IMMIGRES, UNE SEULE CLASSE OUVRIERE !

 

 

UNION DES REVOLUTIONNAIRES-COMMUNISTES DE FRANCE (URCF-Construction du parti). Le 5 avril 2008.

 
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