LA QUESTION DU LOGEMENT SOUS LE NÉO-LIBÉRALISME

 Le logement est une question de classe

L’année 2004 a été marquée par des hausses particulièrement importantes de loyer et ce ne sont pas les recommandations ministérielles de Borloo qui freinent les appétits des bailleurs du secteur social ou du secteur privé. En effet, ces derniers n’ont pas l’intention de faire une quelconque " pause " mais continuent à appliquer des hausses de loyers. Ils réfléchissent à une nouvelle loi d’augmentation des charges en modifiant le décret qui les réglemente, en voulant réduire les normes des logements et en instaurant ainsi des chambres de bonne " cages à lapin " ou en procédant aux scandaleuses " ventes à la découpe ".  

La dépense "logement" est le premier poste du budget familial et ne fait que s’accroître. Les familles qui habitent le patrimoine social qui composent en grande majorité la classe ouvrière, sont touchées de plein fouet et de manière frontale par toutes les décisions et mesures anti-sociales des gouvernements Raffarin- Villepin-Sarkozy qui ne font que diminuer leur pouvoir d’achat.

C’est l’ouverture du capital d’EDF et de GDF qui, par la mise en concurrence des produits énergétiques, aura des incidences directes sur les tarifs ; la suppression de milliers de bureaux de poste et les services " courrier " toujours plus chers ; la réforme de l’Assurance maladie qui affaiblit la couverture sociale, la remise en cause du Code du travail aggravant les conditions de travail et allongeant sa durée au-delà des 35 h, gommant les RTT ; les transports avec la hausse de l’ensemble des tarifs urbains et nationaux.

Mais, comme l’écrivait Friedrich Engels à la fin du 19ème siècle dans "La question du logement" cette question essentielle du logement n’est pas nouvelle. Elle a existé sous tous les régimes ; les esclaves et les serfs en furent les victimes.

Le passage à la grande industrie a cependant considérablement aggravé les problèmes du logement. Engels rejette la thèse de Proudhon selon laq u e l le, pour ce " socialiste " du second Empire, chaque travailleur doit être propriétaire de son habitation, l’enchaînant ainsi à son capitaliste par le remboursements des crédits (créant l’endettement et bien souvent le surendettement) et par le lieu d’habitation.

Dans une société comme la nôtre où le possédant a besoin de liens semi-féodaux avec le non-possédant (le locataire), la crise du logement n’est pas un hasard, c’est une institution nécessaire. Friedrich Engels écrivait déjà il y a plus d’un siècle ces lignes et l’on voit que ce langage est bien toujours d’actualité :

" Il est clair comme le jour que l’État actuel ne peut ni ne veut remédier à cette plaie qu’est la pénurie de logement. L’État n’est rien d’autre que le pouvoir total organisé des classes possédantes, des propriétaires fonciers et des capitalistes en face des classes exploitées, des paysans et des ouvriers. Ce que les capitalistes considérés individuellement (les propriétaires fonciers) ne veulent pas, leur État ne le veut pas non plus.

Donc, si les capitalistes pris individuellement déplorent, il est vrai, la crise du logement, alors qu’on peut à peine les décider à pallier superficiellement ses plus terribles conséquences, les capitalistes pris dans leur ensemble, c’est-à-dire l’État, ne feront pas beaucoup plus. Tout au plus l’État veillera-t-il à ce qu’on applique partout uniformément le palliatif superficiel qui est devenu usuel".

Le capital, ceci est maintenant définitivement établi, ne veut pas abolir la pénurie de logements, même s’il le pouvait. Pour mettre fin définitivement à cette crise du logement, il n’y a qu’un moyen : éliminer purement et simplement l’exploitation et l’oppression de la classe laborieuse par la classe dominante. Par quels moyens ?

 Forger une solidarité de locataires en militant dans les associations de défense, contre les hausses de loyers, contre les ventes à la découpe etc. - en proposant et impulsant avec eux d’autres mesures : exiger l’application de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain qui prévoit au minimum 20 % de logements sociaux construits dans chaque commune –

A Neuilly, avec 200 logements sociaux seulement, Sarkozy est loin des 20 % ; mais les communes riches préfèrent s’acquitter des amendes). A Paris, 100 000 de-mandes émanant de familles modestes ou défavorisées attendent depuis de nombreuses années
(135 000 en Île de France), alors que la loi de réquisition des logements vides, qui n’est pas appliquée, permettrait de loger tout le monde.

 C’est aussi des populations d’immigrés qui " brûlent " dans des logements précaires nommés pudiquement " SAMU sociaux ", lieux d’hébergements honteusement exploités par des marchands de sommeil.

Pour combattre le néolibéralisme, les communistes- révolutionnaires doivent agir avec les locataires et les sans-logis pour qu’émergent des solutions d’urgence pour loger décemment les jeunes, les chômeurs, familles ouvrières françaises et immigrées : réquisition de logements, impôts sur les grandes propriétés foncières.

L’URCF juge aussi indispensable de rappeler les succès des Etats socialistes dans la question du logement : loyer à 4 % du salaire, quasi gratuité de l’électricité et du téléphone, interdiction de la location, politique de construction de logements : il y avait des logements pour tous.

Paris le 1er septembre 2005.


 

LOGEMENT: quand le capitalisme tue.

En une semaine, deux incendies dans des immeubles vétustes, depuis longtemps inhabitables, selon les normes de sécurité élémentaire, ont occasionné 24 victimes.

L’URCF s’associe à l’immense douleur des familles et présente ses condoléances attristées.

On ne saurait parler de fatalité, les familles immigrées d’Afrique qui habitaient boulevard Vincent Auriol, rue du roi-doré, avaient depuis longtemps interpellé les pouvoirs publics, sur « leurs conditions de vie inadmissibles et dangereuses ».

 L’association « Droit au Logement » qui mène un  juste combat, depuis des années, pour qu’aucune famille, personne ne soit laissée sans toit ou logée dans des conditions moyenâgeuses, sources de saturnisme et de haute insécurité, a signalé que ces logements étaient dépourvus d’eau, les installations électriques de fortune. 500 immeubles frappés du  même délabrement, peuvent demain engendrer d’autres tragédies.

Mairie de Paris et gouvernement se jettent à la face leurs responsabilités, l’urgence s’impose, on ne doit plus tergiverser ! 140 000 logements sont inoccupés à Paris, l’URCF s’associe à l’exigence de l’application de la loi de 1945 sur les réquisitions de logements vides, au relogement immédiat des familles résidant dans tous les immeubles insalubres.

L’URCF condamne avec la plus grande sévérité les propos irresponsables du ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy appelant : « à fermer tous les squats et immeubles insalubres, à reloger ceux qui ont des papiers, à expulser tous les autres ».

La solution ne réside pas dans des appels à  une « chasse aux sorcières » stigmatisant les populations immigrées. Ce sont là des salariés, tout juste « bons à être exploités », sans que le patronat ait une quelconque obligation de contribuer à loger ceux qui produisent les richesses des entreprises.

Par les luttes, il faut imposer l’exigence démocratique de construction de logements sociaux, en conformité aux besoins non satisfaits, taxer les profits des spéculateurs !

Comme pour les drames de l’aviation civile, les incendies de logements vétustes démontrent que la cause de la misère, de l’exclusion réside dans la rentabilité capitaliste qui vise à satisfaire, non les aspirations et revendications, mais à assurer le surprofit pour les monopoles et les boursicoteurs

 
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