De la lutte  quotidienne contre le néo-libéralisme

A la lutte générale contre le capitalisme

En rejetant la Constitution réactionnaire de l’Union Européenne et la politique néo-libérale mise en oeuvre par le capital monopoliste, les travailleurs, démocrates et progressistes de France et des Pays-Bas ont remporté une première victoire contre le néo-libéralisme, la bourgeoisie, leur gouvernement,  et le social-libéralisme. Elle pose une ligne de démarcation entre les forces liées au capital et le soutenant, et les forces de progrès. En effet, comment des partisans du OUI qui approuvaient donc la régression sociale contenue dans le texte pourraient-ils  présenter une alternative crédible à la politique néo-libérale appliquée aujourd’hui?

Loin de tenir compte de la volonté de changement du peuple, le gouvernement de Villepin a répondu par une aggravation du démantèlement total des acquis, des services publics, une amplification du transfert des revenus du travail vers le capital, en déployant autoritarisme et répression. La privatisation de GDF, des autoroutes, du fret SNCF, etc, constitue un vol opéré par les  puissances d’argent, d’entreprises et d’infrastructures construites, entretenues et développées par les travailleurs et financées par les usagers et contribuables. Le service public permettait un service de qualité , satisfaisant les besoins.

 A présent, les boursicoteurs et affairistes s’emparent des richesses nationales pour une somme dérisoire (pour eux), qui servira certainement à payer des intérêts sur la dette de l’Etat aux...capitalistes). Le capital financier veut s’attaquer aux statuts des personnels, abandonnant des projets et des activités jugées  « non rentables » par rapport à sa recherche du surprofit, rognant sur l’entretien, la qualité, la sécurité, la satisfaction des usagers.

Et voilà le PS qui s’indigne, alors qu’il a davantage privatisé au pouvoir de 1997 à 2002 que la droite. En soutenant la constitution de l’UE qui, au nom de la “concurrence libre et non faussée”, programmait la mort des services publics, il apparaît en réalité derrière son masque de « gauche » clairement comme une force social-libérale, pilier de la dictature des monopoles.

La défense du service public, la lutte contre les licenciements qu’il faut interdire, le refus des délocalisations exigent l’exten-sion du secteur nationalisé. C’est là une condition pour  garder les emplois, empêcher la casse industrielle et la financiarisation de l’économie, au moyen des luttes de classe contre la « rentabilité financière ».  L’avenir est dans la formation de comités de défense des services publics et de l’emploi qui regroupent usagers, chômeurs, salariés du public et du privé, petits commerçants et artisans, toutes les victimes des suppressions de bureaux de poste, de lignes SNCF, d’hôpitaux, des entreprise qui ferment ou sont délocalisées.

Les acquis en matière de droits du travail sont eux aussi laminés. Le Contrat Nouvelle Embauche instaure la liberté illimitée du patron à licencier un employé sans préavis ni justification. C’est un nouveau coin enfoncé dans le Code du Travail que le MEDEF rêve de voir supprimer. Pourquoi donc le parti de Hollande appelle-t-il à une « vraie politique de gauche en ce domaine »?

Les travailleurs n’oublient pas le bilan de la gauche plurielle en la matière : flexibilisation du travail par les lois Aubry, emplois jeunes destinés à casser le statut des fonctionnaires et à sous-payer des travailleurs en raison de leur âge.

Seul un mouvement de grande ampleur des travailleurs du public et du privé,  leur fédération en un mouvement unique des salariés, usagers, chômeurs, retraités, jeunes, peut faire reculer le capital et imposer des droits  démocratiques et sociaux nouveaux et des augmentations de salaires.

Le droit au logement est lui aussi bafoué au profit de la spéculation et de la construction d’habitations de luxe pour les riches. Le logement social est privatisé et les locataires sont mis devant le choix de devenir propriétaires, c’est-à-dire enchaînés pour toute leur vie aux banques et autres usuriers, ou déguerpir. Des millions de familles, aptes à payer, attendent un (re-)logement depuis des années. Le prolétariat immigré, fraction la plus  opprimée et dépourvue de droits, fait tragiquement la une de l’actualité, lorsque mal logés : femmes et enfants meurent dans l’incendie de taudis, loués cher. La réponse de Sarkozy  est le recours aux discriminations, à la xénophobie en désignant des « boucs-émissaires », aux expulsions musclées, à la résolution du problème du logement immigré par leur renvoi hors de France !

La nature de classe de leur politique est-elle donc si différente de celle que menait le PS avec ses alliés ? N’ont-ils pas eux aussi rogné sur les financements du logement social, y compris en diminuant le taux de l’épargne populaire, provoquant une décollecte massive ? Les lois Chevénement sur le séjour des étrangers n’ont-elles pas poussé, comme les lois Pasqua ou Debré, les sans-papiers à rester dans la clandestinité et la précarité, pour le plus grand profit du patronat qui, de la sorte, pousse les salaires vers le bas et restreint la lutte commune des travailleurs français et immigrés? Et certains leur tendent la main, sous prétexte d’un « OUI de gauche » !

Comme les manifestants de Paris le 3 septembre, exigeons la réquisition des logements vides, la construction de logements sociaux bon marché, l’arrêt des ventes à la découpe. Exigeons la régularisation des sans-papiers et l’attribution automatique de la nationalité française après trois ans de résidence.

Poursuivre le combat contre l’UE néo-libérale

En ce qui concerne l’engagement de la France dans le cartel impérialiste qu’est l’Union Européenne, il est clair que le gouvernement de Villepin ignore superbement la colère exprimée, le 29 mai, à l’égard de l’Europe du capital, comme du reste,  les appels à « l’Europe sociale » de ceux qui pensent que les institutions européennes construites par les monopoles pour les monopoles, peuvent déboucher sur le progrès social , et ce gouvernement applique fermement la Constitution. L’URCF pour sa part, appelle à refuser les diktats de l’UE.

L’impérialisme français entend renforcer ses positions dans la conquête du monde: exportation des capitaux, rachat d’entreprises à l’étranger par les monopoles aussi bien publics que privés, avec licenciements et destruction de tout ce qui n’est pas rentable, délocalisations...Cela n’est certaine-ment pas pour déplaire à Jacques Delors ni aux autres dirigeants PS.

 Ils sont en effet tous liés d’une façon ou d’une autre aux monopoles: un tel est membre d’un conseil d’administration d’une grande multinationale voire de plusieurs, un autre membre d’une association ouvertement bourgeoise ou pro-américaine. Pascal Lamy du PS préside le Fonds monétaire international, organisme impérialiste par excellence.

L’Union Euro-péenne est dirigée en co-alternance par les partis bourgeois traditionnels et sociaux-libéraux. C’est un instrument de guerre contre les travailleurs en Europe et ailleurs.

Tous les partisans du OUI savaient que la constitution de l’UE permettrait les interventions militaires partout dans le monde pour défendre les intérêts et les valeurs de ce bloc impérialiste. Et certains à gauche appellent à renégocier la Constitution, tendent la main à ceux qui appelaient à dire OUI, ignorent superbement le caractère impérialiste et militariste de cette Europe ! Et ils demandent la transformation de la Banque Centrale Européenne en instrument de lutte contre le chômage, de l’OTAN en instrument de paix !

Les travailleurs et forces de progrès, dans leur propre pays et en alliance avec les autres peuples, doivent s’opposer au pillage d’autres pays, aux abandons de souveraineté, aux interventions militaires et à la présence de soldats à l’extérieur du territoire. Les luttes des peuples d’Afrique contre le néo-colonialisme français renforcent les luttes des travailleurs des monopoles car l’ennemi est le même: l’impérialisme.

L’URCF appelle  à l’action en cette rentrée, il faut combattre le néo-libéralisme comme source de nos souffrances, agir dans l’unité la plus large comme le 29 mai, il faut qu’émerge dans le camp du NON, une aile anticapitaliste et anti-impérialiste, afin que la lutte quotidienne contre le néo-libéralisme se transforme en lutte générale contre le capitalisme, pour le socialisme.

 
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