NI LIBERALISME (UMP) NI SOCIAL-LIBERALISME (PS)
CONSTRUIRE LA SEULE ALTERNATIVE : LE SOCIALISME.
La France va mal.
Depuis des décennies, le pays connaît un déclin. Les divers gouvernements en place accusent leurs prédécesseurs de " mauvais choix ", façon d’éluder la responsabilité réelle de la classe dirigeante : la bourgeoisie monopoliste. Dans un Etat capitaliste, la direction effective du pays s’effectue selon la forte expression d’Engels " à la bourse ".
La crise du capitalisme au début des années 70 a incité la bourgeoisie française à adopter une stratégie fondée sur l’inscription dans la construction de l’Europe impé-rialiste, sa division du travail. Les grands groupes monopolistes ont prôné une politique " des créneaux " qui visaient à impulser des activités économiques assurant une rentabilité immédiate. Cela s’est traduit par le phénomène de casse des industries traditionnelles : métallurgie, sidérurgie, mines (perte de 2,5 millions d’emplois structurels), le développement des activités de service, de la haute finance, du complexe militaro-industriel, le renforcement de la présence de l’impérialisme français dans ses anciennes zones de domination coloniale comme en Afrique. Lénine dépeignait les capitalistes de France comme des " tondeurs de coupons " plus prompts à la spéculation et au boursicotage qu’à se muer en " capitaines d’industrie ". Cette politique s’est traduite par de grandes souffrances pour le peuple-travailleur : chômage devenu massif (les secteurs nouveaux étant nettement moins pourvoyeurs d’emplois, de plus le capital " économise " sur la main d’œuvre), privatisations des services publics ce qui permet aux affairistes de devenir propriétaires d’entreprises entièrement financées et développées par l’argent public avec pour conséquence de soumettre les besoins vitaux à la rentabilité financière, délocalisations d’usines là où la force de travail se vend à plus bas prix ! Pour conduire une telle politique, le capital a dû s’attaquer directement au travail : chantage au maintien de l’emploi, annualisation du temps de travail, précarité, flexibilité, baisse des salaires, surexploitation par l’intensification des cadences. Les intérêts monopolistes sont contraires à l’intérêt général, la bourgeoisie française se targue d’être la seconde exportatrice de capitaux au monde mais ses richesses proviennent du pillage généralisé des peuples des Etats dominés. Dans notre pays, des milliards de profits découlent de l’exploitation féroce des immigrés, de la misère accentuée des ouvriers et des familles populaires. A l’heure où les " candidats à l’investiture " s’affichent et rivalisent de phrases creuses démagogiques, il est indispensable de rappeler qui s’enrichit de la souffrance générale, qui est fauteur de misère, de crise et de conflits armés : le capital financier !
Construire une véritable alternative progressiste !
Durant ces 8 mois de campagne électorale, chaque candidat libéral (Sarkozy, Chirac " ? ") ou social-libéral (Royal, Jospin) évoquera le " renouveau " pour mieux poursuivre la politique du MEDEF, dire que " tout doit changer… pour ne rien changer ". L’expérience de 1981, 88, 95, 97, 2002 l’atteste.
Ces derniers mois, les forces populaires ont remporté des victoires partielles significatives : majorité conquise par le NON au référendum sur le traité constitutionnel européen, rejet aussi du néo-libéralisme de l’UE, retrait obtenu du CPE par la mobilisation de la rue, les occupations d’établissements scolaires et les grèves. Certains ne manquent pas de faire la fine bouche. Les marxistes-léninistes savent que le capitalisme ne tombera par une simple grève ou action de quelques semaines mais dans une bataille historique englobant reculs et avancées jusqu’à la rupture qualitative que constituera la révolution. On en est loin, mais le rejet du néo-libéralisme, c’est à dire, en réalité des conséquences de la politique du capitalisme, l’irruption de la jeunesse sur la scène politique, les nombreuse initiatives populaires à la base (Comités du NON, pour la défense des services publics, etc…) soulignent toutes les potentialités de luttes et de victoires possibles.
Les changements en France ont toujours été le fruit des luttes populaires, des grèves et occupations d’usine, cela a été vrai en 1936, 1945, 1968. S’en remettre à des candidats autoproclamés " providentiels " ne peut déboucher que sur des gueules de bois politiques.
A la rentrée, en lien avec le nécessaire combat pour la renaissance du syndicalisme de lutte de classe, il faut impulser la bataille dans l’entreprise à l’échelle de tout le pays pour défendre les revendications immédiates : le non à la privatisation de GDF, la défense des emplois avec le mot d’ordre d’interdiction des licenciements, le rattrapage du pouvoir d’achat, la régularisation de tous les sans-papiers et l’abrogation des lois discriminatoires de Sarkozy, enfin le refus de la casse de l’Éducation nationale.
Alternative et tâche des communistes.
La campagne des présidentielles doit être un temps fort de l’activité des communistes marxistes-léninistes. Le présidentialisme est la forme revêtue par la dictature du capital en organisant une simple alternance sans danger pour le système d’exploitation. Deux pôles régentent le pays : libéral (UMP/UDF) et social-libéral ( PS). Nul ne doit être amnésique et occulter le bilan antipopulaire des années Mitterrand et Jospin, certes nous partageons le rejet juste et nécessaire de Sarko le facho, mais faire un chèque en blanc à S. Royal, c’est préparer la victoire de Sarkozy en 2012 sur la base de la déception et de la non satisfaction des (maigres) engagements. Il n’y aura pas de politique progressiste possible en France sans recomposition politique générale, sans véritable parti communiste révolutionnaire reconstruit.
Durant les mois à venir, en lien avec les luttes, les marxistes-léninistes de l’URCF, en tant que tels, mais aussi avec leurs camarades des autres organisations communistes, avec les progressistes, doivent relier la lutte d’urgence contre le néo-libéralisme à l’exigence de nouvelles nationalisations afin d’assurer les besoins immédiats, l’emploi massif des jeunes. Défendre et conquérir les revendications vitales et quotidiennes. Poser haut et fort la question des droits démocratiques, à l’heure de la fascisation, de la chasse aux immigrés, de l’écart entre assemblée " représentative ", présidence et les aspirations de la majorité du travail.
Démontrer, exemples à l’appui que ce sont : la propriété privée des moyens de production, le pouvoir du capital, la logique de rentabilité monopoliste, la démocratie bourgeoise tronquée et mensongère, l’impérialisme et sa politique de guerre qui sont la source des malheurs et souffrances. En une phrase, les marxistes-léninistes relieront la lutte contre le néo-libéralisme à la dénonciation globale du capitalisme-impérialiste, en traçant patiemment avec tous ceux qui sont opprimés et qui luttent, la voie de la seule alternative réelle au capitalisme : le socialisme et le pouvoir ouvrier et populaire.