PUBLIC PRIVÉ TOUS UNIS POUR LA LUTTE ET LE NON AU RÉFÉRENDUM
Toujours plus pour les patrons, toujours moins pour les travailleurs
En 2002, certains observateurs, après l’élimination de Jospin au premier tour des présidentielles, faisaient état du rejet de la loi Aubry (dite frauduleusement des « 35 heures ») dans la classe ouvrière. Rappelons que cette loi a organisé l’annualisation et la flexibilité du temps de travail pour satisfaire la production à la commande, objectif du capital.
En aucune façon, il ne s’agissait d’une loi-cadre fixant les 35 heures de travail hebdomadaire pour tous. Les annonces fracassantes de créations d'emplois on été un leurre, le chômage a perduré.
Depuis, le gouvernement Raffarin et l’UMP veulent satisfaire toujours plus l’avidité des profits du Medef, ce qui va entraîner une aggravation brutale des conditions de travail et de l’exploitation capitaliste.
La loi Morange/Novelli veut inciter les entreprises à passer des accords avec les syndicats réformistes pour leur faire accepter l’allongement de la durée du temps de travail, annulant ainsi les dispositions antérieures. Il sera institué un « compte-épargne- temps » (CET) pour que les heures effectuées au-delà de la durée collective (et non plus légale) du travail passent sous forme de complément de rémunération. Les salariés seront incités à renoncer à une partie des jours de repos (jusqu’à 10 jours !).
Il s’agit bien de mesures de régression généralisée
puisque l’allongement du temps de travail nous ramène 50 ans en arrière !
- 1 607 h (loi Aubry)
- 1 787 h (loi Fillon)
et maintenant, les salariés des entreprises concernées pourront être obligés de travailler jusqu’à 48 h hebdomadaires. Le chantage à l’emploi, la précarité, le chômage ne vont cesser de grimper (les heures en sus suppriment des emplois).
L’objectif du pouvoir est bien de diviser les salariés, d’individualiser les situations. Cela va entraîner de nouvelles délocalisations et, pour ceux qui refuseraient de tels accords, des cadences de travail accrues (alors que les français ont un des plus hauts taux de productivité).
Les patrons et leurs médias aiment à opposer travailleurs du public et du privé, mais ceux-ci éviteront le piège et forgeront leur solidarité de classe et leur unité d’action autour de leurs intérêts communs :
- contre les délocalisations et les privatisations
- contre la précarité, la casse des statuts et le chômage
- pour l’interdiction des licenciements et la nationalisation des monopoles casseurs d’emplois
PRIVÉ – PUBLIC : pour une stratégie de convergences des luttes
Le ministre Dutreil déclare « qu’une véritable guerre oppose le public et le privé. Le monde du travail ne connaît qu’une démarcation : celle de classe entre, d’un côté la minorité possédante capitaliste et de l’autre, l’immense majorité des travailleurs de tous les secteurs d’activité. Quand dans le privé, les patrons délocalisent, quand des milliers d’emplois sont supprimés dans la fonction publique, c’est la même loi capitaliste de rentabilité financière qui s’exerce. Face aux mauvais coups du pouvoir Chirac Raffarin : Emploi, École, Santé, Retraites, Salaires, chaque catégorie entre en lutte mais séparément.
En 2003, la loi Fillon sur les retraites est passée malgré la mobilisation. Il faut tirer les leçons de la défaite. Ce qui a manqué, c’est la convergence dans les luttes, refusée par les directions syndicales réformistes.
Alors ensemble, public et privé, faisons grandir l’exigence du "Tous ensemble et en même temps ".
Les délocalisations, les salaires, le chômage, la casse des services publics sont au centre des préoccupations. Il faut s’organiser en bas, dans des Comités (usagers-travailleurs) pour la défense de tous les services publics : quand une entreprise est délocalisée, il faut former des Comités rassemblant salariés et habitants pour la sauvegarde de l’emploi et du tissu économique. C’est la voie de l’avenir, en faisant aussi grandir l’exigence d’une grève nationale reconductible et interprofessionnelle pour l’interdiction des licenciements, les 35 h payées 40 pour tous, la défense des services publics.
Battre les responsables de cette politique par le NON au référendum.
Il faut aussi riposter contre les responsables de cette politique anti-ouvrière, anti-populaire. La bourgeoisie monopoliste, pour satisfaire sa course au maximum de profit, n’a pas hésité à casser le tissu économique et industriel du pays forgé par des dizaines de générations de travailleurs, pour délocaliser là où les capitaux sont plus rentables. L’Union européenne est l’instrument de destruction des conquêtes sociales dans tous les pays, 60 % de nos lois sont des transpositions de directives européennes.
La deuxième voie pour sauver les services publics, satisfaire les revendications, empêcher les délocalisations, combattre efficacement le chômage est de s’opposer à l’UE, de voter pour un NON de classe, anticapitaliste et internationaliste au référendum sur le projet de Constitution. L’Union des Révolutionnaires-Communistes de France, en alliance avec tous les groupes communistes qui luttent pour la renaissance d’un parti révolutionnaire anticapitaliste, s’emploieront de toutes leurs forces conjuguées à tout faire pour la victoire du NON au référendum afin d’infliger la défaite au PATRONAT, au gouvernement, à la fausse gauche, à l’UE
Février 2005