Le droit à la retraite obtenu par les luttes sociales et politiques au XXéme siècle a fortiori à 55 et 60 ans a toujours été considéré par le patronat comme un « coût exorbitant » d’autant que les progrès de la médecine assure une plus grande longévité aux pensionnés. Ainsi les retraites doivent être « recadrées » par le capital afin d’assurer profits supplémentaires à celui-ci par l’application de la stricte loi de rentabilité financière.
Dans toute l’Europe : attaque générale contre les retraites.
Tous les Etats de l’UE conformément aux politiques néo-libérales mettent en place une législation anti-sociale contre les retraités. Le sommet de Barcelone(2002)avait adopté une résolution (avec la signature de J.Chirac et L.Jospin) exigeant que chaque Etat repousse de deux ans à 5ans l’âge du départ en retraite. La loi Fillon s’inscrit dans cette démarche de régression législative en fixant à 40 annuités pour tous puis 42, le minimum requis pour postuler à une pension pleine et entière ! La stratégie des monopoles est d’introduire la capitalisation via « l’épargne salariale » afin d’exonérer toujours plus le patronat des charges sociales qui lui incombaient, d’ouvrir au capital financier à des fins spéculatives les masses d’argent ainsi drainés, de casser la solidarité intergénérationnelle, enfin de faire « combler » par les seuls salariés la baisse du montant des pensions (environ de15 à 20 %).
Les conséquences sont dramatiques, en Grande-Bretagne et Allemagne, l’âge de départ en retraite est repoussé à 67 ans. En France, le gouvernement Villepin poursuit celle de ses prédécesseurs et homologues de l’UE. C’est tout d’abord la paupérisation des petits pensionnés, notamment les femmes (40 % touchent moins de 540 euros mensuels !), la baisse programmée du pouvoir d’achat des retraité (20 % ces dernières années) alors que l’inflation engendrée par l’euro et les prélèvements supplémentaires pour la santé aggravent les conditions d’existence de millions de personnes ! Le gouvernement Villepin-Sarkozy prépare un CPE pour les seniors, avec la prolongation du temps de travail des retraités jusqu’à 65 ans, sous couvert de CDD « dernier emploi » ! Pendant ce temps, le MEDEF qui dicte sa politique au pouvoir, bloque toute négociation, ces dernières propositions ne rattrapent pas le pouvoir d’achat perdu. De même que nos jeunes avec notre solidarité ont su repousser la tentative gravissime de généralisation de la précarité que constituait le CPE, les salariés et les pensionnés au premier chef doivent lutter jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, sauver le droit à la retraite à 60 ans pour les générations montantes.
Quelles ripostes, quelles luttes ?
Le pouvoir Chirac-Villepin-Sarkozy conduit le pays à la catastrophe économique imminente. Affaibli par le NON au référendum, l’explosion sociale des banlieues, la lutte victorieuse contre le CPE, le scandale Clearstream, le gouvernement n’en conduit pas moins une politique de plus en plus réactionnaire. Ce n’est pas peu dire. Confrontés à une attaque généralisée visant à la liquidation de toutes les conquêtes sociales, la riposte doit être globale : licenciements, délocalisations, privatisations, budget d’austérité dans le domaine de la santé et de l’éducation, baisse du pouvoir d’achat des travailleurs et pensionnés. Il faut mettre un coup d’arrêt, tous ensemble et en même temps, à cette politique qui casse le tissu économique et fait payer la crise par les seuls travailleurs.
L’argent existe, les 40 groupes du CAC ont empoché la somme de 40 milliards de profits, les gains de productivité, à eux seuls, permettraient d’augmenter salaires et pensions, le capital surexploite et spécule toujours plus. Tandis que pour nous retraités, nos pensions diminuent, nos prélèvements augmentent, les soins de santé sont moins remboursés, le patronat est de moins en moins mis à contribution ! Il faut donc arracher nos droits par les luttes. La bataille sociale doit se doubler de sa dimension politique. La politique de l’Union européenne, celle des gouvernements de droite et de « gauche » a sa source dans la propriété monopolistique des moyens de production, dans le pouvoir intégral du capital sur l’Etat. Il faut donc combattre le capitalisme, régime devenu incapable de satisfaire les besoins vitaux de la population laborieuse, construire une alternative progressiste et révolutionnaire au système d’exploitation !
Dans l’immédiat, le CPE a été repoussé grâce à une lutte continue, multiforme, grâce à la solidarité intergénérationnelle, c’est la voie pour reconquérir nos droits mis à mal par le MEDEF et le pouvoir !