Reconquérir et développer les SERVICES PUBLICS

L’explosion sociale des banlieues - conséquence des discriminations, du racisme, des ségrégations, du chômage de masse- montre aussi avec force l'importance et la nécessité d'un puissant secteur public au service de la population pour satisfaire les besoins.

Défendre le secteur public contre les appétits du capital financier.

Après la seconde guerre mondiale les monopoles privés ne voulaient pas investir dans des activités économiques, indispensables à la reconstruction, car non rentables immédiatement. Les nationali-sations ont permis: la satisfaction des besoins vitaux de la population, l’égalité de traitement des citoyens et des régions.

Mais la bourgeoisie ne renonce jamais !

La Table Ronde des industriels européens a directement inspiré les directives de l'UE visant à l'ouverture à la concurrence, voire au démantèlement, des services publics. Progressivement, la rentabilité financière est devenue le credo de la gestion économique du secteur public. En son nom, le pouvoir a remis en cause la satisfaction des besoins : fermeture de nombreuses lignes de chemin de fer, suppression de plus de 100 000 lits d’hôpitaux, suppression des  bureaux de postes dans les petites communes, casse de l’unité territoriale au détriment de certaines collectivités locales. Le choix capitaliste de la rentabilité financière, en lieu et place des besoins populaires, a entraîné de graves reculs sociaux : bas salaires, inscription dans la sacro-sainte concurrence des néo-libéraux, suppression des postes libérés par les départs en retraite. De plus, les entreprises publiques ont été utilisées comme instrument de pénétration économique de l’impérialisme français pour s'accaparer de pans entiers d’activités de pays d’Afrique ou d’Amérique Latine, au détriment de l’investissement intérieur et des missions de service public, au détriment des populations locales et de France.

Ces attaques constituent le prélude aux privatisations, ensuite vient la vente du patrimoine public. Cette politique du MEDEF a été appuyée et réalisée par l’ensemble des forces politiques au service des seuls intérêts financiers. Les chiffres des recettes de la vente des entreprises publiques montrent l’ampleur du consensus entre la droite et le PS social-libéral.

J. Chirac( 1986-1988) : 13 milliards €.

E. Balladur (1993-1995) :17milliards €.

A. Juppé (1995-1997) : 9,4 milliards€.

L. Jospin (1997-2002) : 50 milliards €.

En réalité, alors que les investissements les plus lourds ont été effectués, le capital monopoliste veut s’emparer d’entreprises dont la rentabilité peut s’avérer très élevée. Pour cela, il faut constamment réduire les « coûts », tant pis pour la satisfaction des besoins ! Les gouvernements Raffarin et Villepin ont poursuivi les privatisations : EDF, société des autoroutes etc. aggravant ainsi une situation déjà dramatique.

Ces attaques contre les services publics exigent la construction d’une véritable alternative politique. S’en remettre une fois de plus au PS social-libéral, déboucherait sur des lendemains amers. Dans l’opposition ce parti s’affiche comme défenseur du secteur public alors qu'au pouvoir il en est le fossoyeur. Il faut, à partir du camp du NON, recomposer une force progressiste pour combattre le néo-libéralisme et le capitalisme.

Par les luttes, nous pouvons sauver et développer les services publics !

Ne nous voilons pas la face, la stratégie du capital, exceptée sa défaite le 29 mai, avance tel un rouleau compresseur.

Comment inverser la tendance, remporter des victoires signifi-catives ? Nous devons démocra-tiquement tirer les leçons des grèves exemplaires des marins de la SNCM et des traminots de la RTM qui ont montré la voie de la résistance aux privatisations, leur défense en actes de l’emploi. Ces luttes confirment qu’isolés, sans le soutien actif et la solidarité de classe, les travailleurs d’une entreprise ne peuvent vaincre avec leurs seules forces. La défense des services publics doit devenir l’affaire de tous : usagers comme salariés qui doivent se regrouper dans de larges comités de défense

Le mouvement ouvrier doit renouer avec le syndicalisme de lutte de classes à l’échelle nationale, prôner une stratégie de convergences des luttes : débrayages de solidarité et même si nécessaire grève générale nationale.

Nous devons combattre l’esprit de résignation et de conciliation. Non, l’ouverture du capital des entreprises publiques ne saurait être une solution, l’expérience montre qu’à France-Télécom et demain à EDF-GDF, cette « ouverture » aura constitué une privatisation rampante renforçant toujours plus la rentabilité financière.

L’actionnariat auquel semblent s’être ralliés les dirigeants d’une centrale autrefois au cœur de tous nos succès, est aussi une arme du capital pour lier les travailleurs aux résultats de « leur » entreprise. De plus même, à petite échelle, les actionnaires contribuent et vivent de l’exploitation du travail salarié. Penser qu’on puisse « peser » lors des Assemblées Générales, sur la base de « ses » actions est une duperie qui laisse le champ libre aux capitalistes ! Le seul débouché aux luttes est le maintien et le développement des services publics, il n’y a pas d’autre issue !

Pour des pôles de mission de services publics.

La bourgeoisie française conduit le pays à la catastrophe économique. Grands exportateurs de capitaux, champions des délocalisations, les monopoles français cassent l’emploi et le tissu industriel du pays, ils n’ont d’autres propositions que la répression et l’état d’urgence.

Les jeunes des banlieues se révoltent parce qu’ils n’ont pas d’avenir. Les premiers, ils sont victimes de l’intérim, des bas salaires, des discriminations racistes à l’embauche, de la précarité.

Développer les services publics permettrait la création de dizaines de milliers d’emplois durables, la satisfaction des besoins sociaux et culturels y compris dans les cités, la relance de l’activité économique et productive.

Il n’y aura pas d’alternative progressiste, sans luttes effectives pour l’exigence de grands services publics dans les domaines vitaux : énergie et eau, santé, recherche et école, transports, communication, logement social, équipements.

Le programme de l’URCF « De la lutte quotidienne contre le néo-libéralisme à la lutte générale contre le capitalisme » fait de la reconquête et de l’extension des services publics, le cœur d’une démarche qui assurera satisfaction des besoins contre les tenants de la rentabilité marchande.

La démocratisation des décisions et de la gestion de l’entreprise doit devenir un objectif de lutte visant à proposer la majorité des sièges au conseil d’administration pour les représentants des salariés, sous le contrôle des usagers.

Nationalisation des entreprises privatisées (sans indemnités), développement des entreprises publiques, réseau d’entreprises partenaires (PME associées), collectivités locales, fonctionnant en synergie avec les mêmes droits pour les salariés, tels sont les pôles de  missions de services publics, qui comme après guerre couvriront les besoins non satisfaits et redresseront le pays qui en a tant besoin.

Liant la dénonciation du néo-libéralisme à celle du capitalisme, nous pensons que ces mesures, même si elles relèvent du capitalisme d’Etat, donneront de solides bases d’appui aux luttes nécessaires pour vaincre dans le futur l’obstacle au progrès social : le capitalisme

URCF le 19 novembre 2005


TOUS ENSEMBLE contre le gouvernement Villepin-Sarkozy ! NON aux diktats de l’UE !

NON A L’ETAT D’URGENCE, NON A LA REPRESSION !

TOUS ENSEMBLE POUR SAUVER ET DEVELOPPER LES SERVICES PUBLICS !

 
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