SAUVER LE SERVICE PUBLIC DE LA SANTE
POUR SATISFAIRE LES BESOINS
Depuis des années les divers gouvernements de droite et de gauche, défenseurs du néo-libéralisme ont cassé le service public de santé. Sous Jospin et ses prédécesseurs plus de 100 000 lits d’hôpitaux furent supprimés. Les résultats furent tragiques lors de la canicule de 2003. Cette politique étroite de rentabilité financière occasionne la non reconnaissance des diplômes et des qualifications, des horaires de plus en plus contraignants avec les postes non remplacés ou pourvus.
Cette dégradation des conditions de travail des personnels de santé et de l'action sociale est un des éléments des politiques de casse du système de protection sociale français.
L'enjeu de classe est de taille pour l'Etat : Casser la Sécurité Sociale et ses bases solidaires pour marchandiser la santé.
Il s'agit pour le capital de détruire un acquis fondamental pour les travailleurs : un droit obtenu à la Libération dans un contexte où les luttes sociales d’ampleur, la résistance antifasciste permirent la conquête du droit fondamental à la santé, il suffit de lire l'exposé des motifs de l'ordonnance du 4/10/45
"La Sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu'en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l'incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d'infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d'eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère."
Avec le règne du néo-libéralisme, la santé devient un marché où les affairistes visent à la course aux profits, n'hésitant devant aucun moyen pour porter des coups aux travailleurs.
Depuis les ordonnances gaullistes de 1967 jusqu'aux derniers plans gouvernementaux, nous subissons une stratégie qui consiste à faire payer les dépenses de la Sécurité Sociale, toujours plus par les usagers (un des derniers avatars fut le financement d'une partie de la mise en place de la RTT). La logique de cette politique inhumaine est que la santé est un « coût » non un besoin à satisfaire ! Tout cela pour que vienne l'heure de la grande réforme de la privatisation façon MEDEF, visant à assurer des profits juteux aux fonds de pension ou aux compagnies d’assurances..
Media mensonges
La presse aux ordres des puissances d’argent a lancé une vaste campagne de désinformation :
Sur le déficit de la Sécurité Sociale, alors que le rapport de la Cour des Comptes (rapport sept 2005 p.103 à 114) épingle une nouvelle fois l'Etat dont les dettes envers la Sécurité Sociale ne cessent de croître. l'Etat continue de détourner des dizaines de milliards d'Euros qui se cumulent avec le passif des années antérieures (Rapport septembre 2004 page 91). C'est une véritable spoliation permanente qui est assurée par l'Etat capitaliste.
Sur l'augmentation des dépenses de médicaments : alors que le même rapport relève que l'augmentation des dépenses n'est pas due à l'augmentation du volume des médicaments prescrits mais à leur prix, politique qui ne satisfait que les immenses appétits de profits des laboratoires.
L'objectif est donc de culpabiliser toujours plus la population et les personnels pour détourner les regards de l’opinion publique du véritable diktat des industries pharmaceutiques dont le seul but est de réaliser un maximum de profit au détriment de la santé pour tous.
Défendons résolument le service public !
La question d'un véritable service public de Santé pour tous est une question de classe. La poser autrement en terme "comptable" ou de "maîtrise des dépenses" est une impasse qui permet au MEDEF avec la complicité de centrales syndicales réformistes d'imposer sa "réforme " c'est-à-dire sa volonté de casser la Sécurité Sociale et ses principes de solidarité.
La Santé, le droit fondamental de tous, ne saurait être régie par la loi de rentabilité financière. Les besoins doivent être satisfaits!
Les personnels de la Santé et de l'action sociale sont en première ligne pour la défense d'un véritable service public avec un rôle déterminant pour l'Hôpital Public. La création du rapport de force pour mettre en échec les projets gouvernementaux et patronaux, passe par l'organisation de luttes communes avec tous les travailleurs et toute la population. La santé affaire de tous, doit être défendue par tous !
Rappelons qu’en 1958 après un mouvement social d'ampleur De Gaulle a dû retirer la mesure d'instauration d'une franchise de 3000 F sur les médicaments (à cette époque, on ne parlait pas de déficit et pourtant les projets de casse sont les mêmes). C'est un mouvement de grand ampleur que nous devons créer pour battre en brèche les appétits du patronat et imposer d'autres mesures pour mieux " garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leurs capacités de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu'ils supportent" (articlel 1 de l'ordonnance du 4/10/45 portant création de la Sécurité sociale).
Cette résistance doit être multiforme et doit obliger le gouvernement à des reculs permettant la satisfaction des personnels et des usagers. La priorité budgétaire doit être accordée à la recherche médicale publique, à la création d’emplois dans les hôpitaux publics afin de d’assurer des missions de qualité. La santé exige démocratie et égalité de tous devant les soins, pas une santé à plusieurs vitesses ! Tous ensemble, nous pouvons gagner à condition que nos luttes sociales ciblent les profits capitalistes et assurent la renaissance d’un service public de santé digne de ce nom !
Paris le 20 octobre 2005